Afrique de l'Ouest: Ollo Africa digitalise les tontines

7 Février 2026
interview

Première fintech togolaise agréée l'an dernier par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), la start-up Ollo Africa voit désormais grand.

Spécialisée dans la digitalisation des tontines et des mécanismes traditionnels d'épargne collective, l'entreprise ambitionne de devenir la plateforme de référence de l'épargne collective digitale dans l'espace UEMOA.

Cette vision se matérialise notamment à travers Ohana Africa, son application mobile qui facilite l'accès aux services financiers pour des millions d'Africains en transposant les pratiques d'épargne communautaire dans le numérique.

Pour accompagner cette montée en puissance, Mawuna Koutonin, directeur général d'Ollo Africa, annonce une augmentation de capital qui fera passer les fonds propres de 68 millions à 1 milliard de Fcfa

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Quels progrès avez-vous réalisés depuis l'obtention de l'agrément de la BCEAO ?

Mawuna Koutonin : L'agrément nous a clairement fait passer à un autre niveau. Il est intervenu après quatre années d'expériences sur le terrain, et son impact a été immédiat.

Notre partenaire bancaire, Ecobank, nous a résumé la situation avec une image très parlante : avant, vous jouiez sur un petit terrain, maintenant vous entrez dans un grand stade.

Cet agrément nous a ouvert de nouvelles opportunités, mais surtout, il nous a obligés à grandir. Aujourd'hui, nous sommes une entreprise beaucoup mieux organisée et structurée, aussi bien dans notre manière de penser que dans nos processus internes, notre relation client et notre communication.

Nous avons renforcé nos standards en matière de protection des données, de confidentialité des informations et de sécurité. Les utilisateurs savent désormais que travailler avec nous, c'est bénéficier d'un cadre réglementé et sécurisé.

L'agrément, c'est comme un diplôme. Mais avoir le diplôme ne suffit pas : il faut prouver chaque jour qu'on en est digne. C'est ce qui nous pousse à aller encore plus loin. Et la dynamique est bien là : chaque jour, ce sont des centaines de nouveaux utilisateurs qui rejoignent la plateforme.

Pourquoi cette augmentation de capital et quelles sont vos ambitions ?

Mawuna Koutonin : Ohana est là pour durer. Nous ne sommes pas une structure éphémère. Cette recapitalisation vise à soutenir notre croissance, et ce ne sera pas la dernière.

La demande de digitalisation des services financiers est énorme, au Togo comme dans le reste de l'Afrique. Nos ambitions sont à la hauteur de cette opportunité.

Dans l'économie informelle, on parle de plus de 1 700 milliards de francs CFA, dont à peine 10 % sont aujourd'hui digitalisés. Tout le reste fonctionne encore essentiellement en cash. Notre vision est claire : accompagner les banques, les institutions de microfinance et la BCEAO dans les projets de digitalisation afin de réduire l'usage du cash et moderniser les transactions.

Concrètement, Ohana Africa compte déjà plus de 6 000 comptes familiaux, avec des transactions portant sur plusieurs millions de francs CFA.

À court terme, nous travaillons sur une nouvelle version de l'application. Elle intégrera des fonctionnalités innovantes, notamment la possibilité de retirer instantanément de l'argent à un guichet automatique sans carte bancaire, ainsi que d'autres services à forte valeur ajoutée.

Notre priorité reste le Togo. Mais naturellement, nous regardons aussi vers des marchés voisins où la culture de l'épargne collective est très forte, comme le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire ou le Sénégal.

L'objectif est de servir notre pays, accompagner tous ceux qui nous font confiance, puis, progressivement, nous projeter à l'international.

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